[PDV Jordan]
____Le matin vient montrer ses premières lueurs et déjà une heure que je regarde Nathalie dormir sur mon épaule en passant ma main dans ses cheveux. Je ne vois pas son visage, mais la régularité de sa respiration me renseigne sur son état encore comateux. Seule une pression régulière à l'endroit du contact de sa joue sur mon torse rythme la scène. Est-ce le battement de son c½ur ou la mien ? Depuis maintenant trois mois son c½ur bat pour moi, depuis maintenant trois mois c'est le parfait bonheur, depuis maintenant trois mois son c½ur bat mais le mien ralenti, pourquoi ? Je l'aime, je le sais, mais elle ! M'aime t elle vraiment ? Entretenir une relation ce n'est pas difficile, il suffit d'un minimum de sentiment et de magie mais quand est il des sentiments véritable, de l'amour avec un grand a.
____Je me délivre délicatement de son emprise en prenant soin de ne pas la réveiller et me rend dans la cuisine pour boire un grand verre d'eau fraiche. La maison est bien vide depuis la mort de mon père et je n'ai toujours pas eu le courage de ranger ses affaires. Jamais je n'aurai pensé que le perdre me ferai autant de mal, moi qui n'avait jamais eu de relations fortes avec lui. Cependant, c'est lui qui m'a tout appris, qui m'a recueilli alors que ma mère m'avait lâchement abandonné sur le pas de sa porte. Je lui dois tout et même si je ne le fréquentais que très peu la simple idée de savoir qu'il était là me rassurais, maintenant que ce n'est plus le cas, je me sens perdu, sans défense.
_ Ca fait longtemps que tu es levé ?, me demande Nathalie qui se tient sur la première marche des escaliers.
_ Un moment [ A while... ]
_ Pourquoi tu ne m'as pas réveillée ?
_ Tu dormais trop bien, que ça aurait été égoïste de ma part de te réveiller.
____Il y avait une part de vrai dans ce que je venais de lui dire, mais ce n'était pas la véritable raison. J'avais besoin de réfléchir. Elle franchit la dernière marche et vient se coller à moi. Cela ne faisait plus aucuns doutes : c'était le sien ! Je lui rends son étreinte et lui sert un verre de jus de fruit. Elle se détache quelques instant pour le boire et derechef, en fourrageant de sa main mes cheveux, m'enlace dans ses bras avant de me susurrer un « je t'aime » dans le creux de l'oreille.
____Tout en restant comme ça, accrochés l'un à l'autre je repense à notre première rencontre et à ce que j'avais ressenti ce jour là. Elle paraissait tellement inquiète pour ces amis qu'elle en était magnifique. Bien sur je savais pertinemment ce qu'elle recherchait vu que j'étais le responsable mais je ne pouvais pas le lui dire et pourtant ce n'était pas l'envie qui me manquait. Je me souviens également quand elle a tout découvert sur mon compte. Son regard était si haineux envers moi qu'il me foudroya sur place, chacun de ses mots me transperçant le c½ur comme des dizaines de petites lames bien acérées : « j'espère ne plus jamais te revoir » telles furent ses dernières paroles ce jour là et alors que je ne pensais vraiment plus la revoir elle toque à ma porte pour me demander de l'aide. J'avoue ne pas les avoir très bien accueillis ce jour là mais je me devais de masquer ma joie de la revoir. Ce bref moment avec elle ralluma l'attirance que j'avais pour elle mais encore une fois je me devais de ne rien laisser paraître jusqu'au moment où, me promenant seul dans un parc, je la croise assise sur un banc en pleurs.
____Ce qui se passa ensuite reste flou dans ma tête mais je me souviens encore parfaitement que j'ai failli commettre un acte horrible ce soir là. Un acte pour lequel jamais je n'aurais pu me regarder dans un miroir. Je revois encore parfaitement son visage rempli de peur et d'incompréhension. Seulement je ne voulais pas faire ce que j'ai tenté de faire, et je le regrette même encore aujourd'hui. Je revois parfaitement le regard non plus de Nathalie mais de Georg sur moi et je me souviens parfaitement de la manière dont il m'a traité non pas ce jour là... mais les jours d'après. Je me suis juré de me venger c'est chose faite.
_ Tu penses à quoi ?
_ Au bien et au mal.
____Encore une fois je ne lui mens pas vraiment, j'omets simplement de lui préciser ce que représente le bien et ce que représente le mal. Elle me desserre, me permettant ainsi d'aller allumer la télévision avant de m'asseoir sur le canapé bientôt rejoint par elle. Je zappe jusqu'à tomber sur une émission musicale annonçant le retour des Tokio Hotel dans la journée. Il ne manquait plus que ça, qu'ils reviennent en ce moment. Je jette un coup d'½il sur Nathalie qui a les yeux rivés sur l'écran puis dépose également mon regard sur la boite à image en face de moi.
_ Tu crois qu'ils m'en veulent ?, me questionne t elle en redoublement son étreinte
_ T'en vouloir ? Pourquoi ?
_ Pour avoir plaqué Georg comme je l'ai fais et d'avoir désertée la maison du groupe pour venir vivre avec toi ?
_ Ils te manquent ?
____J'ai peur de la réponse qu'elle va me donner, mais je savais bien que cette question allait tôt ou tard arrivée sur le tapis mais j'aurai préféré qu'elle tarde un peu plus.
_ Un peu c'est vrai ! Ca va faire trois mois que je n'ai pas eu un seul contact avec Eva et je dois dire que nos délires me manquent. Les autres aussi me manque... je me sens coupable de les avoir abandonné comme ça, surtout Georg, il méritait une explication tu ne crois pas ?
_ Oui, et après un court silence, tu as sans doute raison.
____Son ancienne vie lui manque et je ne peux lui en vouloir. C'est vrai après tout, si elle s'est autant éloignée d'eux ces derniers temps, c'est en grande partie de ma faute même si je ne l'ai jamais empêchée d'aller les voir. Seulement je sais qu'ils ne m'apprécient pas vraiment et que forcément le fait qu'elle soit avec moi lui a fait faire un choix entre continuer de les fréquenter et moi.
Je me lève brusquement et me dirige dans la salle de bain, une douche froide me fera le plus grand bien. L'eau glacée au contact de ma peau me fait frissonner et je sens monter en moi une vague de tristesse que je n'arrive pas à contenir. Une tristesse sortie tout droit du fond de mes entrailles, du plus profond de mon être, qui me ronge l'intérieur avant de venir s'échouer dans mes yeux sous formes de larmes acides me brulant les joues. Je reste sous le jet d'eau froide pendant un long moment jusqu'à ce que le froid ne fasse plus effet et qu'elle commence à me brûler la peau. Je sors alors de la douche à moitié grelotant et m'enroule dans une serviette avant de sortir m'asseoir sur le bord du lit, le sillage de mes larmes sur mon visage étant la seule source de chaleur produite par mon corps encore gelé.
____Alors que je me trouve dans un état second perdu entre mes pensées et le monde réel, quelque chose vient me brûler l'épaule provoquant un mouvement de recul immédiat. Nathalie venait de poser sa main sur mon épaule et désormais me regarde, à la fois surprise et effrayée.
_ Désolé, j'étais perdu dans mes pensée je ne t'ai pas entendu venir, m'excusais je en me reprochant d'elle.
_ Ce n'est pas grave ! Qu'est ce qui t'arrive ? Depuis ce matin tu es étrange ?
_ Ne t'inquiète pas, je vais bien !, mentis je, en détournant le regard
_ A d'autres ! Je le vois bien que tu as pleuré ! Ton père te manques c'est ça ?
_ Tu ne peux pas savoir à quel point.
____Cette fois ci je venais vraiment de lui mentir. Certes il me manque, mais il n'a rien à voir avec la raison pour laquelle je venais de pleurer. Seulement il m'est impossible de lui révéler la vérité, pas maintenant. Peut être jamais. Je la sers dans mes bras et son corps bouillant réchauffe le mien petit à petit. Mon corps ayant retrouvé une température à peu près normale je me lève en direction de l'armoire et enfile les premiers vêtements que je trouve pendant que Nathalie investie la salle de bain. Une demie heure plus tard on se retrouve dans le salon au milieu des cartons remplis des affaires de mon père ne sachant que faire de notre après midi.
_ Si on allait voir Sophy ?, me propose t elle avec son sourire qui me fait fondre à chaque fois.
_ Si tu veux, mais ça te dérange si on descend tout ça en bas avant, j'en peux plus de les voir ici.
____Il fallait que je rende mon mensonge crédible, il faut qu'elle pense que la mort de mon père et ma seule source de souffrance, il le faut. Je ne veux pas qu'elle s'inquiète, elle l'a déjà trop fait ces derniers temps, et je ne le supporte plus. On descend donc tous les cartons dans la cave que l'on range bien au fond, qu'ils ne me dérangent plus jusqu'au jour où pris d'un besoin de me ressourcer je retournai en rechercher un pour me rappeler qu'il a vraiment été là et qu'il ne s'agit pas uniquement d'un lointain souvenir. Je ferme la porte à double tours et nous partons en direction de chez Sophy qui habite à quelques minutes à pied de chez moi. On l'a rencontré il y a environ un mois quand on l'a embauché comme nouvelle serveuse pour le bar de mon père, et depuis on a fortement sympathisé et nous passons quasiment tous nos temps libres ensembles.
____On marche main dans la main jusqu'au coin de la rue et alors que je ne m'y attends pas, Nathalie s'arrête sur place comme si elle avait marché sur une surface collante et qu'elle ne puisse plus s'en dégager. Sa tête est tournée en direction du fond de la rue où un van noir venait de s'arrêter. Mon c½ur se serre à la vue des passagers et m'approche d'elle instinctivement, la discussion de se matin encore fraiche dans ma tête. Elle fixe ses personnes, autrefois celles qu'elle côtoyait tous les jours, le visage vide d'expression seul son regard trahis sa pensée. La voir comme ça me déchire le c½ur.
_ Tu peux aller les voir si tu en as envie !, lui soufflai-je alors que je viens de lui prendre la main
____Elle ne défait pas son regard et alors que je m'apprête à lui reposer la question pensant qu'elle ne m'avait pas entendu, elle tourne la tête puis me répond tout calmement.
_ Je ne pense pas que ce soit le bon moment.
____Je la blottis contre moi, lui dépose un bisou sur le haut du crane avant de reprendre le chemin qui mène chez Sophy. Arrivés devant sa porte, celle-ci sort de chez elle et est surprise de nous voir. J'avoue avoir complètement oublié de la prévenir de notre visite. Elle vient à notre rencontre, nous fait la bise avant de nous demander ce que l'on faisait devant chez elle. Nathalie s'empresse alors de lui expliquer ma soit disant baisse de moral en rapport avec la mort de mon père et qu'il me fallait donc une dose de bonne humeur. Sophy me regarde avec son regard qui veut dire « mais alors on ne va pas bien aujourd'hui ? Viens là on va s'occuper de toi ». J'ai envie de vomir. Si seulement elle savait... Si elle savait, elle ne m'accueillerait pas comme ça, elle ne serait pas aussi gentille avec moi, bien au contraire. Je souris par politesse et elle nous explique qu'elle doit aller au bar pour remplacer la deuxième serveuse malade mais nous propose de la retrouver à la fin de son service en milieu d'après midi. Nathalie me regarde suppliante et je ne peux qu'accepter.
[...]
____Après une longue promenade dans le centre ville, nous voilà assis sur un banc en face du Macumba attendant Sophy qui ne devrait plus tarder à sortir par la porte de service se trouvant dans la rue adjacente à l'établissement. C'est la tête de Nathalie posée sur mon épaule, une de mes mains fourrageant ses cheveux l'autre entremêlée à la sienne qu'une voix familière derrière nous attire mon attention.
_ Salut !Hello tout le monde!
Voilà mon deuxième chapitre, j'espère qu'il vous a plu!
Il n'est pas plus grand que le précédent mais bon sachant qu'il y a plus de narration Je me suis dit que ça ne serait pas plus mal ^^
Sinon ben je peux vous dire que j'aime ce chapitre... Je ne pourrai pas vous dire pourquoi mais... je l'aime !!!
Encore merci pour vos commentaires et à très bientôt!!!
Bezowsssss <3333